Florence HINARD

 
 
Florence Hinard est Docteure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts et artiste-chercheuse associée au Laboratoire Scènes du Monde de l’Université Paris 8. Son travail s’inscrit dans le champ de la Recherche-création, celui de la Sociologie clinique et de l’Ethnoscénologie, une discipline qui explore les formes vivantes de performance et de transmission dans les arts de la scène. Sa recherche interroge les relations entre création artistique, mémoire des pratiques et circulation des savoirs par la co-création de dispositifs. Formée au théâtre et à la dramaturgie, elle a travaillé comme comédienne et collaboré avec différentes structures artistiques, notamment à l’Association de Recherche des Traditions de l’Acteur (ARTA) – Cartoucherie de Vincennes – autour du travail de l’acteur·ice et de la relation entre écritures et scène. Parallèlement à son travail artistique et universitaire, elle développe une pratique d’animation d’ateliers d’écriture et de recherche collective nourrie par sa formation en sociologie clinique et psychosociologie.
 
Titre de la thèse  : Devenir Centauresse : Vécu d’une expérience d’un processus de recherche-création, de l’analyse d’implication au processus de création collaboratif. 
 
Le jury était composé de Nathalie Coutelet (Professeure en études théâtrales à l’Université Paris 8), directrice des travaux, Louis-Claude Paquin (Professeur titulaire à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal), rapporteur, Audrey Tuaillon Demesy (Professeure en STAPS à l’Université Marie et Louis Pasteur), rapporteure, Pierre Philippe-Meden (Maître de conférences en études théâtrales à l’Université de Montpellier Paul-Valéry), Pascal Fugier (Maître de conférences en Sciences de l’éducation à CY Cergy Paris Université), et Isabelle Moindrot (Professeure d’études théâtrales à l’Université Paris 8), présidente du jury.
 
Résumé de thèse
 
À la source de ce désir de thèse, un questionnement : de quelles façons ma pratique de l’équitation de tradition française a-t-elle influencé mon rapport à la pratique du jeu d’actrice, celle de la performance mais aussi celle de l’écriture ? Tenter de répondre à cette question m’a conduite à faire dialoguer l’épistémologie de la sociologie clinique (à laquelle j’ai été formée durant mon master) et celle de la recherche-création. Ainsi, j’ai cheminé, me remémorant sans cesse les mots de feu Jacqueline Barus-Michel, psychosociologue qui fut l’un·e de mes enseignant·e·s. : « Que cherche le chercheur ? Lui-même. Il est son premier objet [...] Mais dire qu’il y a un premier objet et que ce premier objet est le chercheur, c’est aussi reconnaître qu’il y en a un second. Œdipe a lui-même très vite prétendu chercher l’autre, chercher pour les autres, oubliant d’ailleurs de passer par lui-même, que ça ne pouvait passer que par lui-même, qu’il était d’abord l’autre.  » En tant que sujet-objet-terrain de ma recherche, je me donc suis exercée à l’analyse d’implication, en me constituant une boite à outils parmi lesquels on peut retrouver des outils provenant de la sociologie clinique, d’autres provenant de mes pratiques artistiques et sportives et d’autres encore que j’ai dû me forger. J’ai ensuite confronté ces analyses à la parole de quatre femmes écuyers. J’ai récolté ces paroles puis les ai analysées. De cette confrontation et de ces analyses, l’Autre en moi a surgi - la Centauresse - qu’un processus de recherche-création collaboratif pensé avec la plasticienne Isabelle Merger et l’auteur et réalisateur Timothée Corteggiani a permis de faire exister.
 
Abstract : 
 
At the origin of this doctoral endeavor lies a central question : in what way has my practice of French classical horsemanship influenced my relationship to acting, performance and writing ? Attempting to answer this question has led me to establish a dialogue between the epistemology of clinical sociology and that of research-creation. Throughout this process, I have kept in mind the words of the late Jacqueline Barus-Michel, psychosociologist and one of my former teachers : “What does the researcher seek ? Himself. He is his first object [...] But to say that there is a first object and that this first object is the researcher is also to acknowledge that there is a second. Œdipus himself very quickly claimed to seek the other, to seek for others, forgetting moreover to go through himself, that it could only go through himself, that he was first the other “. As both the subject, object, and field of my own research, I have engaged in an analysis of implication, assembling a toolbox that includes methods drawn from clinical sociology, from my artistic and athletic practices, as well as others I had to forge myself. I then confronted these analyses with the testimonies of four female riders, whose narratives I collected and analyzed. From this confrontation and these analyses, the Other within me emerged – The Centauress- brought into existence through a collaborative research-creation process conceived in partnership with visual artist Isabelle Merger and writer-director Timothée Corteggiani.
 
De ce travail de recherche-création est né un film expérimental : Centauresse, dans lequel je performe. À la réalisation : Timothée Corteggiani, à l’image : Minh Sourintha Nguyen & Timothée Corteggiani, au montage image & son : Célia Thibault, au montage son & mixage : Joaquim Ferreira, à l’étalonnage : Elsa Audevart, Plasticienne : Isabelle Merger. 
 
Le film a bénéficié du partenariat de Ciclic Centre-Val de Loire l’Agence régionale du Centre Val de Loire pour le livre et l’image, BNF - le département des Arts du spectacle de la Bibliothèque Nationale de France, Université Paris 8, l’École doctorale Esthétique, Sciences et Technologies des Arts (EDESTA), le Laboratoire Scènes du monde, le pôle vidéo-son du service technique mutualisé de L’UFR Arts, philosophie, esthétique de l’Université Paris 8.