Lily Abichahine

Lily Abichahine est artiste et chercheuse. Dans son travail, elle explore les relations entre l’art et le droit. Doctorante à l’Université Paris VIII, sa recherche-création, sous la direction d’Éliane Beaufils, intitulée "La Fiction dans l’art et le droit : repenser les possibilités du droit à travers les pratiques artistiques performatives" interroge la manière dont les dispositifs artistiques et en particulier la performance réinventent les formes, les récits et les fictions du droit de la fiction dans le droit et la représentation artistique du tribunal. Lily est aussi affiliée à l’University of Humanistic Studies à Utrecht (UvH). Sa pratique artistique cherche à créer des situations de dialogue, à ouvrir des espaces où l’échange peut avoir lieu, ainsi qu’à traduire des savoirs juridiques complexes en formes accessibles. À partir des régulations et de leur anthropologie historique, son travail interroge les questions d’héritage et de mémoire collective, et se déploie de manière fluide entre les arts visuels (installations et vidéo) et la performance (monologues et assemblées mises en scène).
 
Le corps, mort ou vivant, se trouve au centre de sa pratique, qui circule avec fluidité - et souvent de manière fragmentaire - entre le texte, la performance et les arts visuels. Son travail interroge les manières dont le droit et les formes de gouvernance rencontrent la corporéité, le patrimoine et l’inconscient. Parmi ses projets : Narrations Chorégraphiques (vidéo-essai, Beyrouth, 2020), Exquisite Corpse (conférence-performance, Francfort, 2021), L’Étreinte (happening, Paris, 2021), Abjad Hawwaz (installation, Beyrouth, 2022), Mare Nostrum (performances et vidéos expérimentales, Palerme et Brême, 2021–en cours), et Pagan Body (installation, à venir, 2027).
 
Lily crée des espaces immersifs de dialogue, traduisant des savoirs juridiques complexes et des structures sociales en formes à la fois rigoureuses et précises, notamment à travers des projets in situ comme Tribunal for an Island (performance participative, 2025, Cork), Bodies on Trial – §218 (2026, Stuttgart) et Tribunal for the Neckar (2026, Stuttgart). Elle interroge les démocraties modernes et les architectures de la justice. Dans une démarche anthropologique , elle examine comment le droit a construit, transmis et partagé la mémoire collective. En parallèle de sa pratique artistique, elle enseigne des ateliers à l’intersection du droit et de l’art dans diverses universités - actuellement à l’ABK Stuttgart - favorisant l’engagement interdisciplinaire et la réflexion critique parmi les étudiant·e·s. Elle est lauréate 2025/2026 de l’Akademie Schloss Solitude dans le domaine des pratiques sonores et physiques.
 
Ses publications artistiques récentes incluent :

– « Anfeh at a Crossroads : Legal Framework Between Heritage and Development », Tracing the Shore, American University of Beirut / Honor Frost Foundation (à paraître, décembre 2025)
– « Putting Myth to Use in Contemporary Times : Tantalus Within Today’s Ecology », Het Grote Midden Oosten Platform (septembre 2025)
– « Lebanon : 5,000 Kilometers Away », Cassandra Voice (décembre 2024)
– « Monologue of a Lawyer », The Reservoir Literary Journal (2022)
– « Communities Left Furthest-Behind : A Legal and Regulatory Framework Review », Issam Fares Institute, AUB (2018)